Pour réduire la pauvreté infantile, le Canada doit investir dans les organismes au service des jeunes - BGC Canada

Au Canada, on associe souvent la faim à la rareté des aliments. Mais chez BGC Canada, nous savons que ce problème émane plutôt d’un revenu insuffisant et d’un accès limité aux occasions et à du soutien communautaire.

Partout au pays, les familles peinent à s’ajuster à la hausse des coûts et, pour bon nombre d’entre elles, il est devenu tout simplement impossible de joindre les deux bouts. Nous le constatons chaque jour dans les Clubs BGC. Ce que nous voyons, ce ne sont pas des chiffres, mais des moments concrets où les jeunes arrivent au Club le ventre vide, incapables de se concentrer, espérant que leur Club pourra leur fournir les repas, la stabilité et le sentiment d’appartenance qu’il leur faut.

Cela dit, les données ne font que confirmer ce que nous observons de première main. Environ 802 000 enfants au Canada vivent sous le seuil de la pauvreté, selon la mesure officielle de la pauvreté au pays. En outre, selon une mesure plus générale du revenu, la pauvreté touche jusqu’à 1,4 million d’enfants.

Comme les coûts continuent d’augmenter plus vite que les revenus, voilà trois années de suite que la pauvreté infantile est à la hausse.

Même son de cloche en ce qui concerne l’insécurité alimentaire. Aujourd’hui, 1 enfant sur 4 vit dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire, c’est-à-dire dans une famille contrainte de sauter des repas, de réduire les portions ou de se rabattre sur des options moins coûteuses et moins nutritives si elle veut espérer s’en sortir.

Le Canada ne peut pas se permettre de traiter cet enjeu comme un problème temporaire.

Les organismes de bienfaisance à eux seuls ne peuvent résoudre des problèmes structurels

Les recherches sont formelles : ce n’est pas un manque de ressources alimentaires qui cause l’insécurité alimentaire, mais plutôt l’instabilité des revenus, les inégalités croissantes et les lacunes dans le soutien social. Oui, les banques alimentaires et les programmes communautaires sont essentiels pour aider les familles à subvenir à leurs besoins lors des semaines les plus difficiles. Mais ils ne suffisent pas à résoudre les enjeux économiques fondamentaux qui plongent les familles dans ces situations précaires. Pour y parvenir, il faut des politiques publiques coordonnées et élaborées de manière réfléchie.

Parallèlement, il est important de reconnaître le rôle crucial que jouent les infrastructures communautaires quand il s’agit de protéger les enfants et les ados des conséquences les plus graves de la pauvreté. Lorsque les familles sont aux prises avec des difficultés financières, les organismes locaux de confiance deviennent une véritable bouée de sauvetage. C’est là que les jeunes trouvent stabilité, mentorat et occasions.

Et depuis plus de 125 ans, BGC Canada fait partie de ce filet de sécurité.

Le réseau national de BGC soutient les enfants au quotidien

Aujourd’hui, les Clubs BGC sont présents dans plus de 600 collectivités et offrent chaque année leurs services à quelque 160 000 enfants et ados, tant dans les centres urbains que dans les collectivités rurales et les territoires autochtones. En dehors des heures de classe, un moment où il est essentiel d’avoir un endroit où aller, les Clubs offrent des espaces sûrs et bienveillants où les jeunes peuvent se lier d’amitié avec leurs pairs, échanger avec des mentors et participer à des programmes qui favorisent leur bien-être global.

Et de plus en plus, les Clubs offrent également quelque chose de fondamental : un accès fiable à des denrées alimentaires.

Ne serait-ce que l’année dernière, BGC Canada a fourni plus de 8,5 millions de collations et de repas sains à des enfants et ados aux quatre coins du pays. Pour certaines jeunes personnes, ce repas après l’école est la seule source d’alimentation sur laquelle elles peuvent systématiquement compter.

Mais les programmes alimentaires des Clubs ne se contentent pas de répondre à ce besoin immédiat. Ils visent à renforcer les compétences et la résilience à long terme.

  • Les programmes de collations et de repas avant et après l’école assurent aux jeunes un accès régulier à des aliments nutritifs dans un environnement sûr et accueillant.
  • Les programmes de cuisine et de littératie alimentaire permettent d’apprendre aux jeunes à préparer des repas sains, de leur enseigner des notions sur l’alimentation et de les aider à acquérir des compétences qui favoriseront leur autonomie tout au long de leur vie.
  • Des programmes comme le Défi des p’tits chefs, Nation des chefs et les cuisines communautaires combinent l’enseignement de notions sur l’alimentation à un apprentissage pratique, ce qui aide les jeunes à accroître leur confiance en soi tout en entretenant des liens sociaux.
  • Les initiatives de soutien aux familles qu’offrent certains Clubs vont encore plus loin : ces Clubs offrent des denrées alimentaires à rapporter à la maison, organisent des repas communautaires et proposent des ressources qui soulagent des ménages entiers de la pression qui pèse sur eux.

Ces programmes témoignent d’une réalité simple, mais indéniable : les jeunes qui mangent à leur faim arrivent mieux à apprendre, à créer des liens avec les autres et à s’épanouir.

La prévention pour renforcer les collectivités et économiser des fonds publics

Quand les enfants vivent un tel défi, il est rare qu’il ne soit pas combiné à d’autres. En effet, l’insécurité alimentaire va souvent de pair avec les enjeux de santé mentale, les obstacles scolaires et l’exposition accrue aux situations à risque. Les programmes communautaires destinés aux jeunes s’attaquent à tout cela collectivement au lieu de les traiter comme des problèmes isolés.

En offrant du mentorat, en encourageant l’activité physique et en offrant des occasions de développement du leadership, le tout dans des environnements sûrs et empreints de soutien, les Clubs favorisent l’engagement des jeunes, les aident à entretenir des liens positifs avec les autres et les encouragent à garder le cap sur un avenir prometteur. L’impact de tout cela est clair et mesurable. Plus de 90 % des membres des Clubs disent avoir amélioré leurs liens sociaux, faire plus d’activité physique et prendre davantage d’initiatives, alors que 96 % disent entretenir des relations plus positives avec leurs pairs.

Ce ne sont pas seulement de petites victoires. Ce sont des formes de prévention éprouvées, qui ont été associées à une réduction des risques de démêlés avec la justice ainsi qu’à des résultats favorables à long terme : résilience, compétences en leadership, capacité à se fixer des objectifs et à les atteindre…

Voilà les effets concrets de la prévention.

Du reste, c’est aussi une initiative judicieuse en matière de politique publique. À long terme, une prévention efficace réduit les coûts liés aux soins de santé, à la justice et à l’aide sociale, tout en renforçant les collectivités et en favorisant la future participation au marché du travail. Malgré tout, bon nombre d’organismes qui génèrent ces résultats doivent se contenter d’un financement à court terme accordé pour des projets en particulier.

Or, le développement des jeunes ne suit pas des cycles d’un an. Il est fondé sur les relations, la confiance et la constance au fil du temps.

Investir dans les enfants d’aujourd’hui, c’est bâtir la nation de demain

La prospérité future du Canada dépend du bien-être des jeunes qui y vivent.

Les enfants qui bénéficient du soutien de leur collectivité en grandissant sont plus susceptibles de réussir à l’école, d’intégrer le marché du travail et de contribuer de manière significative à la société. Une grande partie des infrastructures nécessaires est déjà en place. Les organismes communautaires, les Clubs locaux, les personnes dévouées qui, chaque jour, accomplissent un formidable travail auprès des jeunes, souvent avec des ressources limitées.